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surlesroutesdeladoc.over-blog.fr

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Présence des sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy

La Doctrine au Maroc de 1912 à 1987

En 1912, le maréchal Lyautey demande aux sœurs de la Doctrine - qu’il connaissait bien à Nancy, à Thorey et à Crévic -de venir de l’Algérie où elles étaient nombreuses au Maroc, alors que commençait le travail du général lors du Protectorat.

Les deux premières communautés se fondent à Oujda et à Berkane localités proches de la frontière Est du Maroc vers l’Algérie. 

Berkane-sainte Jeanne d'Arc Le père Réginald Maillard encourage les religieuses de la Doctrine Chrétienne de Nancy à fonder une école à Berkane.

L'établissement ouvre le 1er mai 1913, jour de l 'Ascension. Trois classes, une cinquantaine d'élèves, sous la direction de Mère Renée Mourot.

- A Oujda est fondée très vite une école, un collège qui durera jusque vers 1955-60.

Puis, des frontières d’Algérie, les sœurs vont à l’Ouest du Maroc, en bord de mer, avec trois maisons, la quatrième étant Khouribga : gros centre de gisements de phosphates, où elles ouvrent une “goutte” de lait importante pour les Français et les petits Marocains. Cette communauté durera de 1935 à 1956.

- Mazagan : Cette communauté a été fermée à la suite d’une épidémie de typhus qui avait touché plusieurs sœurs.

Les deux plus grosses communautés furent :

- Casablanca ouverte en 1923 et fermée vers 1987

Casablanca

- Rabat : communauté ouverte en 1926 et fermée en 1987.

Dans ces deux communautés, ce fut l’ouverture de deux grosses écoles, qui depuis le jardin d’enfants jusqu’au Bac accueillirent jusqu’à 1 000 enfants chacune; au début uniquement des Français, Espagnols et après l’indépendance en 1956 s’ouvrirent aux Marocains jusqu’à aujourd’hui où elles sont dirigées par des Marocaines et ont seulement une école primaire de près de 1 000 élèves. On n’y parle plus que l’arabe dialectal. Un peu d’arabe classique et un peu de français sont donnés chaque semaine pour 2 ou 3 heures de cours !

Rabat :

(où j’ai passé 16 ans de 1950 à 1966)

J’ai eu maintes fois les récits “épiques” de l’installation des sœurs dans cette maison par sœur Raphaël Meyer et sœur Jean Berckmans  devenue sœur Myriam Bausch, qui sont arrivées les premières à 20 et 21 ans. Soeur Myriam est restée de 1926 à 1987 date de la fermeture et elle est décédée à saint Joseph à 102 ans. Elle parlait l’arabe dialectal comme le français.

C’est le général Lyautey qui a autorisé les sœurs (le Maroc était alors sous protectorat) à choisir les limites de leur propriété à moins d’1 km du palais du Sultan. Si bien que c’est dans une propriété de 3 hectares, dans un bois d’eucalyptus qu’elles ont construit cette énorme bâtisse en forme d’avion, avec devant une très belle entrée, à l’étage les dortoirs des internes (jusqu’à 90), la chapelle et les chambres des sœurs. Dans la cour arrière tout le bâtiment des classes (10 classes au moins au rez de chaussée) et une grande cour en sable rouge, avec une cour ‘d’honneur” du plus bel effet ! Les soeurs à l’époque étaient plus de 12, aidées par des enseignantes laïques venues de France ou issues de familles Françaises résidant sur place comme fonctionnaires ou commerçants ou colons.

Les sœurs nous racontaient facilement leurs débuts sous la tente puis dans des bâtiments légers avec comme sol la terre nue, et déjà des internes étaient présentes, alors que sortait de terre l’école et le grand bâtiment.

De 1926 à 1950 l’école se développait arrivant jusqu’au classes du Bac. Un jardin d’enfants, construit spécialement, fut ouvert vers 1955.

Quand je suis arrivée en 1950 c’était pour répondre à une demande insistante de Mère Saint Georges Laroze qui avait fait construire dans la propriété un  bâtiment destiné à ouvrir une école ménagère (je venais d’être reçue au monitorat d’enseignement ménager), et Mère J.M. Thomas sans beaucoup dialoguer m’a dit : “La supérieure de Rabat termine la construction d’une école ménagère et aucune sœur de Rabat ne peu la “diriger” donc vous irez...!!”

C’est sœur saint Charles Léguillette (sœur Jeanne) qui a été directrice de l’ensemble pendant tout mon séjour. La bâtisse à l’époque était aux normes d’alors, très fonctionnelle et parmi les élèves françaises filles de colons, de fonctionnaires, d’ambassadeurs etc... nous recevions la première fille marocaine, fille d’un notable de Meknès (ma voisine de dortoir pendant 5 ans). Trois monitrices françaises arrivaient en même temps que moi, et ensemble nous formions un bon groupe, nous nous occupions de 60 à 80 élèves, dont 26 internes.

J’ai connu trois supérieures : sœur saint Georges Laroze de 1950 à 1953, sœur Marie Augustin Vinel de 1953 à 1962 et sœur Xavier Renaud de 1962 à 1966

En 1956 arrive l’indépendance sous le règne de Mohamed V et peu à peu les Marocains ont repris les bureaux, les écoles, sauf les écoles de l’Enseignement Catholique comme la nôtre et les écoles, collèges, lycées d la Mission Cuturelle française qui existent toujours. Quelques jours difficiles - en plein été - où des Français ont été tués. Nos sœurs de Khouribga ont failli être tuées ! Elles ont dû leur salut à l’intervention de leur “fatma” marocaine ! Puis peu à peu le pays a pris en mains les commandes et les Français sont partis en grand nombre, laissant leur propriété reprise gratuitement par l’Etat ou des particuliers, ainsi que leur commerce et leur terre.

Pour nous, nous avons ouvert notre école aux Marocains. Puis nous nous sommes mises à apprendre l’arabe dialectal et avons suivi avec nos sœurs de Casablanca et des sœurs d’autres congrégations des sessions d’arabe. Seule sœur Marie Thérèse Hirsch a appris - jusqu’à la licence - l’arabe classique. Elle est allée un ou deux ans à Beyrouth pour terminer sa licence.

En communauté nous nous entendions très bien rencontrions nos sœurs de Casablanca deux ou trois fois par an et les sœurs des 10 congrégations se trouvant au Maroc et à Rabat en réunions fraternelles.

En 1966 lors d’une session d’arabe à Casablanca, session que je  suivais pour la 1ère fois très sérieusement, je suis rappelée en France pour diriger l’école professionnelle de St Dizier (en 8 jours). C’était le 12 août 1966 et l’école reprenait à St Dizier moins d’un mois après. Quel déchirement !

L’école ménagère a cessé ses activités vers 1970-75.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la vie et la mission de nos sœurs à “Jeanne d’Arc” (toutes les écoles depuis Oujda, Berkane, rabat, Casablanca portaient le nom d’Institution Jeanne d’Arc)

M.Mere-1962-Sr-St-Georges-Laroze-et-Sr-Xavier-Marie-Thomas.jpg            Récit de sœur Xavier-Marie Thomassin (Février 2011)

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Rabat-1951-Sr-St-Georges-Laroze--Sr-Xavier-Marie-Thomassin.jpg 

Rabat 1962 : Mère St Georges Laroze, Sr Xavier Marie Thomassin

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Rabat 1965 : Sr St Charles, Sr Renée, Sr Raphaël              

Rabat 1965- Sr xavier Marie Renaud-Sr françois Marie Elien

Rabat 1965: Sr Xavier Marie Renaud, Sr François Marie,Sr Renée

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   Rabat : l'école ménagère

            Rabat-Jeanne-d-Arc.jpg

Rabat : Institution Sainte Jeanne d'Arc

Rabat Ecole J.d'Arc

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